L'histoire du Taï Jitsu

Le Taijitsu ou Taï-Jitsu est un art martial transmis par Jim Alcheik du Japon vers la France à partir des enseignements du Yoseikan Ryu.

Il constitue une synthèse moderne du Judo, du Karaté, de l'Aïkido.

Il est souvent dit, de manière caricaturale et peu documentée, qu'il regroupe:

- Les gestes du Karaté
- Les projections du Judo
- Les clés de l'Aïkido

Le Taijitsu se pratique sur un tatami, dans un dojo. C'est une méthode d'autodéfense issue des méthodes de combats des samouraïs.

Là où tout a commencé...

Jim Alcheik eut 3 assistants; l'un d'eux, Roland HERNAEZ, s'occupait plus particulièrement de la partie Taï-Jitsu. Malheureusement, Jim Alcheik décède en 1962 dans l'explosion d'une villa lors de la guerre d'Algérie. Après sa disparition, ses élèves se dispersèrent, chacun travaillant de son coté techniquement mais surtout pédagogiquement.

Roland Hernaez s'attacha alors à mettre sur pied une méthode de self-défense, en partant de l'enseignement d'Alcheik.
En 1967, au sein de "Budo Académie", l'association de Taï-Jitsu a commencé à grouper quelques éducateurs qui ont travaillé discrètement et efficacement.

Citons Maître Hernaez à ce propos :
"Jim Alcheik était un excellent budoka, cependant il y avait un point dans son enseignement qui ne me convenait pas – c'est le professeur de gym cartésien qui parle – c'était le manque de rigueur dans sa démarche. Je m'en étais ouvert à plusieurs reprises, au cours des différents stages que j'ai suivi avec le maître Mochizuki. Ce dernier m'encouragea à élaborer une méthode plus cartésienne du Tai-Jitsu. En 1972, je partis au Japon à l'invitation de la Japan Publication, une maison d'édition, pour développer mes connaissances en Shorinji-Kempo, que je connaissais déjà pour l'avoir travaillé ; accompagné de Georges Hernaez et de Daniel Dubois, nous nous entraînames 3 semaines dans le temple de Shikoku. J'ai été très attiré par cette école. A mon retour, j'ai hébergé un gradé de Shorinji-Kempo, (Maître AOSAKA) durant 2 ans avec lequel je travaillais tous les jours et plusieurs heures. J'ai été la première ceinture noire de Shorinji Kempo en Occident. Je dois admettre que le Shorinji Kempo m'a beaucoup apporté; j'y ai puisé beaucoup de choses pour enrichir mon Taï-Jitsu. Je n'ai pu y rester car cette école dispense un aspect religieux –le kongo zen- avec lequel je n'étais pas d'accord."

Roland Hernaez, à son retour du Japon, fonde la FEDERATION FRANCAISE de Taï-Jitsu et Shorinji-Kempo, dont il sera le président les deux premières années. Puis les deux disciplines se séparent pour suivre leurs propres chemins, Maître Hernaez se consacrant désormais exclusivement au Taï-Jitsu.
Budoka accompli, Maître Hernaez aura eu pour professeurs et maîtres :
- en Judo, Me Levannier et Me Kawaishi;
- en Karate-do, Me Plee et Me Murakami;
- en Aikido, Me Jim Alcheik et Me Hiroo Mochizuki (le fils);
- en Taï-Jitsu, Me Jim Alcheik et Me Minoru Mochizuki.

A l'instar du Maître Mikinosuke Kawaishi, qui a réussi l'implantation du Judo en France là où d'autres avaient échoué, Maître Hernaez va structurer l'enseignement du Taï-Jitsu et mettre au point une méthode avec un programme pour aider les professeurs et un système de ceintures similaire au Judo.

En 1977, le Taï-Jitsu devient une discipline affinitaire de la FFKAMA. Ceci devait apporter aux yeux des dirigeants une sorte de reconnaissance dans le monde des arts martiaux français, et permettre l'accès à un diplôme d'état pour les futurs enseignants (le Brevet d'Etat d'Educateur Sportif). L'appui d'une grande fédération devait aider à l'épanouissement de notre discipline.

En 1985, estimant que la FFKAMA ne laissait pas assez de liberté au Taï-Jitsu, ses dirigeants décident de la quitter.
Puis en 1988, la FFJDA décide de relancer le Ju-Jitsu en France et invite Roland Hernaez à la rejoindre avec ses adhérents. Le Maître Hernaez fait partie d'une équipe d'experts devant mettre sur pied un programme commun. Mais au bout d'un an, nouvel déception, car la "filière Ju-Jitsu" ne permettait que d'aller jusqu'au 1er dan.

En 1988, la législation française sur les grades et sur l'enseignement pousse les dirigeants du Taï-Jitsu à revenir au sein de la FFKAMA, intégrant ce que la fédération de karate appelle le Karaté-Jutsu et qui regroupe les disciplines affinitaires.

Depuis 1985, le Taï-Jitsu a également été reconnu par les maîtres japonais, apportant une sorte de consécration à notre discipline et au Maître Hernaez. Ainsi nous avons été admis au sein de la Fédération International des Arts Martiaux , organisme créé au lendemain de la guerre et dirigé par les plus grands maîtres des différentes disciplines, tels que le Me Minoru Mochizuki et le Me Sato pour le Ju-Jitsu, le Me Sugino pour le Katori-Shinto-Ryu, le Me MIFUNE pour le judo. Certains malheureusement sont décédés depuis.
Le Taï-Jitsu a également été reconnu par le Seibukan Academy qui fut longtemps dirigé par le Me Suzuki, 10ème dan de Karaté Goju-Ryu, ainsi que par l'IFNB (International Federation Nihon Budo) du Maître Minoru Mochizuki.

Citons encore le maître Roland Hernaez :
" J'ai la fierté aujourd'hui de dire que cette méthode de self-defense, issue du Ju-Jitsu des samouraïs est respectée dans le monde entier qui lui reconnaît son efficacité, sa progression, ses principes, sa hiérarchie et aussi son esprit particulier. Les maîtres japonais parmi les plus grands héritiers du Budo traditionnel, personnalités avec lesquelles je suis en contact direct depuis des années, ont donné à ma méthode le label Nihon (authentiquement japonais) que nos pratiquants arborent avec fierté. Associé avec le Nihon Ju-Jitsu de la Fédération Internationale des Arts Martiaux notre style est reconnu et apprécié par ces maîtres détenteurs de la reconnaissance impériale japonaise. Le président d'honneur était lui-même l'oncle de l'empereur le Prince Higashikuni. Chaque année les maîtres japonais avec lesquels j'étudie témoignent leur attachement ainsi j'ai eu l'honneur d'être nommé au cours du stage de Munich (Octobre 1992) 8ème dan de Nihon Ju-Jutsu, plus haut grade décerné dans ce Budo à un occidental. Ma méthode est avant tout un Art Martial faisant partie du BUDO traditionnel, mais en plus, il s'agit d'une conception particulière de la défense personnelle à la portée de tous, issue du véritable Ju-Jutsu, dans la lignée des maîtres Kano, Mifune, Ito, Kawaishi, Mochizuki, Sato, Kawano. A notre époque de troubles où l'accent est mis sur la compétition il me parait vital pour l'avenir de l'homme de favoriser tout ce qui peut contribuer à l'harmonie et à la paix. Si le Nihon Taï-Jitsu tel que je l'ai conçu peut apporter une pierre à cet édifice, ce sera ma meilleure récompense et l'espoir en une vie de progrès."

Rappelons que Maître Hernaez est officiellement 4ème dan de Judo, 4ème dan de Aikido, 7ème dan de Karate-Jutsu/Nihon Tai-Jitsu, 1er dan de Shorinji-Kempo, et ce qui est rare, diplômé d'état 2ème degré dans les 3 disciplines du Judo, Aikido, Karate.
Enfin, le Maître Minoru Mochizuki lui a remis le titre de Hanshi, plus haut titre dans le Budo Japonais.

Depuis maître Hernaez a également été nommé 9ème dan Shihan Hanshi Nihon Taï-Jitsu du Seibukan Academy (All Japan Budo Federation), en reconnaissance des services rendus au BUDO.
L'élévation au grade de 9ème DAN de Roland HERNAEZ est l'aboutissement de cinquante années consacrées à l'étude, à l'enseignement et à la diffusion des différents Arts Martiaux qu'il pratique.

Le Code Moral


La politesse
C'est respecter autrui

Le courage
C'est faire ce qui est juste

La sincérité
C'est s'exprimer sans déguiser sa pensée

L'honneur
C'est être fidèle à la parole donnée

La modestie
C'est parler de soi-même sans orgueil

Le respect
C'est faire naître la confiance

Le contrôle de soi
C'est savoir taire sa colère

L'amitié
C'est le plus pur des sentiments humains